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COLLABORATEUR DE STRATEGIES POUR L'ESPOIR

La révérende Dr Anne Bayley

Co-auteur de More and Better Food et de Il est temps de parler.

Anne Bayley est pasteur dans l’Église anglicane et a été autrefois professeur de chirurgie au centre hospitalo-universitaire à Lusaka, Zambie.  Elle est également co-auteur de deux manuels de la collection SE DÉVOUER AUX AUTRES : le No 3, Il est temps de parler, et le No 9, More and Better Food.  Elle vit en Angleterre, près de Hereford, mais voyage fréquemment afin d’organiser des ateliers de formation et participer à des réunions en Afrique de l’Est, Afrique centrale et Afrique du Sud. Elle décrit ici l’impact de l’épidémie de VIH sur sa vie professionnelle et comment elle a répondu aux énormes défis posés par cette épidémie.

La révérende Dr Anne Bayley

«L’épidémie de VIH a eu d’énormes répercussions sur ma vie professionnelle depuis 1983. Je travaillais alors en Zambie, au centre hospitalo-universitaire de Lusaka, où je me suis impliquée de plus en plus dans le traitement des personnes atteintes du VIH. Dès 1985, j’ai su que le SIDA provoquerait la mort de millions de personnes. La chirurgie a perdu de son importance pour moi dès lors que j’ai commencé à comprendre l’impact du VIH sur les familles, les pays et les régions en Afrique, et face à l’augmentation exponentielle du nombre de patients.

« Vers 1987,  les effets de cette épidémie se sont fait ressentir jusque dans ma vie personnelle ; en effet, mes domestiques (ou leurs familles) étaient souvent malades et même de retour chez moi, après mon travail à l’hôpital, je ne pouvais pas échapper à la réalité du SIDA. À l’hôpital, la chirurgie a changé suite à l’augmentation considérable du nombre de patients souffrant d’infections liées au VIH et de pathologies jusqu’alors inconnues ; nos services étaient engorgés et des pathologies courantes étaient devenues plus virulentes chez les personnes atteintes du VIH. Pour chaque nouveau patient, nous devions nous demander « cette personne est-elle infectée par le VIH ?» avant de décider du traitement à adopter.

« Le comportement sexuel au sein du mariage est devenu important pour moi lorsque je me suis rendue compte que «l’initiation » traditionnelle des jeunes filles leur enseignait des méthodes de séduction qui les exposaient à un risque d’infection par le VIH.  De plus, ni les époux ni les épouses ne pouvaient parler de leur relation sexuelle car le seul vocabulaire dont ils disposaient dans ce domaine était composé de mots « obscènes » et toute référence verbale au sexe était culturellement impossible.

Illustration tirée de Il est temps de parler : Les hommes et les femmes devraient-ils se parler avant et après le rapport sexuel ?





« Dans ces conditions, il nous a semblé indispensable de « rompre le silence » en organisant des ateliers de formation pour les personnes mariées, au cours desquels un couple pourrait se parler et (espérions-nous) apprendre à obtenir plus de plaisir de rapports conjugaux mutuellement satisfaisants – tout en espérant que ceci diminuerait la tentation d’aller chercher ce plaisir ailleurs !  À ce propos, nous avons été encouragés par les premières réponses à nos questions lors d’un atelier en 2001 réservé au clergé masculin, lorsque nous avons tenté de parler de la sexualité au sein du mariage. Nous avons demandé aux participants « Qui d’autre doit entendre cela ? » et ils ont répondu immédiatement « Nos épouses ! » C’est pour cela qu’avec l’évêque James Tengatenga, j’ai organisé un atelier « Vivre en famille » (un euphémisme acceptable).

« En 2002, nous avons organisé un autre atelier, mais nous avons ressenti un profond découragement lorsque le premier orateur a demandé « Remercions-nous Dieu de nous avoir fait don du plaisir procuré par l’acte sexuel au sein du mariage ? » et que tous les participants se sont contentés de baisser les yeux, sans que personne n’ose répondre « oui » ou « non ».  Il semblait impossible de faire allusion à la sexualité et à Dieu dans une même phrase. Heureusement, dans le cadre de notre premier exercice, les hommes et les femmes ont été placés dans des groupes séparés auxquels nous avons dit : « VOUS êtes experts en ce qui concerne les hommes/les femmes. Qu’est-ce que vous aimeriez que les femmes/les hommes sachent à propos des hommes/des femmes et qu’est-ce que les hommes/les femmes aiment dans le mariage ? »

« Les langues se sont alors déliées (et les rires ont fusé) et nous avons découvert – à notre grande surprise – que les hommes et les femmes ignoraient complètement que le sexe opposé ne partageait pas exactement le même point de vue en matière de sexualité.  De plus, leurs priorités au sein du mariage étaient totalement différentes. Les hommes recherchaient toujours et avant tout une « vie sexuelle satisfaisante », alors que les femmes souhaitaient avant tout « l’amour et la tendresse ». Les participants des deux sexes ignoraient que l’excitation sexuelle est différente pour les hommes et les femmes, mais ils ont rapidement comblé leurs lacunes dans ce domaine.

Illustration extraite de More and Better Food : Hautes et basses nappes phréatiques.





« Par la suite, lors d’ateliers en Zambie et au Malawi, nous avons tenu à ce que les couples mariés partagent la même chambre (au lieu d’être séparés dans des dortoirs non mixtes) afin de faciliter les « travaux pratiques »! Nous avons été très encouragés de voir les femmes « sortir de leur coquille » au fur et à mesure de la progression des ateliers et d’entendre par la suite les couples expliquer qu’ils pouvaient maintenant parler de sexualité au sein de leur couple.

« Avec l’évêque James, nous avons alors entrepris la rédaction de ce qui est devenu Il est temps de parler, le troisième titre dans la collection SE DÉVOUER AUX AUTRES. Depuis, l’expérience a montré que les inhibitions et les attitudes reflétées par les questions et les observations en Zambie et au Malawi semblent s’appliquer très largement dans d’autres parties de l’Afrique subsaharienne.  Commentant les similarités entre les attitudes et les comportements sexuels en Afrique de l’Est et de l’Ouest, un utilisateur ghanéen d’Il est temps de parler a demandé : « Comment font-ils pour savoir ce qui se passe dans nos mariages au Ghana ? »

Après son retour au Royaume-Uni en 1992, Anne a suivi une formation pour devenir prêtre anglican, mais a continué de se rendre en Afrique de l’Est et du Sud où elle s’est de plus en plus intéressée au potentiel offert par la permaculture pour répondre au problème de l’insécurité alimentaire, en particulier dans les communautés touchées par l’épidémie de VIH.  Elle se souvient :

« Pendant près de dix ans, j’avais entendu des groupes ruraux en Zambie et au Malawi dire à maintes reprises que « la faim et la pauvreté » étaient les plus grands problèmes auxquels ils étaient confrontés. Je leur ai donc demandé : « Vos potagers produisent-ils autant de nourriture à présent que dix ans plus tôt ? » Et la réponse a toujours été la même -  un « NON ! » retentissant, suivi de « Les sols sont épuisés ».

Illustration tirée de More and Better Food : Utilisation de rigoles de drainage, de haies, de pierres et de plantes pour la prévention du ruissellement et de l’érosion des sols.





Dès 2008, Anne a collaboré avec Mugove Walter Nyika, qui préparait alors une conférence internationale sur la permaculture à Lilongwe. Estimant qu’une agriculture plus productive était un objectif impératif vraiment réalisable, ils ont rédigé ensemble le manuel More and Better Food qui a été publié en 2011 (pour plus d’informations, voir More and Better Food dans la section Resources des pages en anglais du site Web).

Note de la rédaction : Au total, 36 500 exemplaires de Time to Talk [Il est temps de parler] (en anglais, français, portugais, maragoli et swahili) ont été diffusés à ce jour. 8 700 exemplaires de More and Better Food ont été diffusés ; actuellement cet ouvrage n’est disponible qu’en anglais.

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